Les mots du bonheur ont ils pu être des leurres? Lorsque j'écoute, je lis les mots de l'autre, quelles que soient les circonstances, peut-on absolument se tromper sur leur sens?
Ils m'avaient pourtant été donnés comme des cadeaux. Je les avait reçus comme un présent - départ pour un avenir. Ils avaient été donnés comme autant d'indices menant vers un chemin que je rêvais d'emprunter.
J'y repense sans cesse. Difficile d'admettre, malgré la tournure que le temps a donné à notre histoire, que tout n'était qu'un simple, méprisable, exercice de séduction. Dieu qu'il est douloureux de penser ainsi!
Est-ce pour me protéger que je me raccroche à un sens qui n'était pas celui donné? Est-ce un repli de l'autre qui comprend à un moment donné qu'il est allé trop loin. Trop loin sur un chemin vers lequel il m'a portée. Puis il fit demi-tour me laissant là. Sans comprendre.
Questions incessantes que je me pose sur ces moments perdus à jamais. Pas vraiment perdus. Je les garde ancrés, comme une marque indélébile.
C'est qu'ils ressemblaient tant à ce que je me réservais!
Para Ti
Foi para ti
que desfolhei a chuva
para ti soltei o perfume da terra
toquei no nada
e para ti foi tudo
Para ti criei todas as palavras
e todas me faltaram
no minuto em que talhei
o sabor do sempre
Para ti dei voz
às minhas mãos
abri os gomos do tempo
assaltei o mundo
e pensei que tudo estava em nós
nesse doce engano
de tudo sermos donos
sem nada termos
simplesmente porque era de noite
e não dormíamos
eu descia em teu peito
para me procurar
e antes que a escuridão
nos cingisse a cintura
ficávamos nos olhos
vivendo de um só
amando de uma só vida
Mia Couto, in "Raiz de Orvalho e Outros Poemas"